Le goût de l’Inde et de la Chine et la mondialisation du commerce au XVIIIe siècle.

Par Gérard LE BOUËDEC, Professeur Emérite d’Histoire maritime à l’Université de Bretagne Sud, Président du Conseil Scientifique du GIS –CNRS d’Histoire et des sciences de la mer.

Les nouvelles routes maritimes sont à l’origine d’un accroissement fort et rapide des échanges contribuant à une meilleure interconnexion des mondes atlantiques, océanique indien et

de la mer de Chine.

Les Européens intègrent initialement les circuits du commerce asiatique comme des acteurs mineurs avant de construire une puissante infrastructure navale, les compagnies des Indes, pour assurer les relations commerciales maritimes entre l’océan indien, la mer de chine méridionale et l’Europe. L’impact en Europe est considérable. On assiste alors à un bouleversement de la culture matérielle et à la naissance de la société de consommation. Il s’agit de produits de luxe et non de première nécessité mais qui vont devenir des produits de base des gens ordinaires en raison de leur caractère addictif que ce soit les boissons sucrées (thé, café) ou que ce soit  les textiles de coton imprimé ou les mousselines et les porcelaines indissociables de la mode du thé et du café, au point de susciter leur importation par contrebande. Ils vont contribuer à l’industrialisation de l’Europe dans le cadre d’une processus de captation des techniques, on dirait aujourd’hui une « délocalisation à l’envers ». Mais il n’est pas possible d’isoler le commerce asiatique du commerce antillais et hispano-américain. Le succès de la consommation des thés et café est indissociable de celui du sucre et de la traite des noirs.

Jeudi 07 janvier 2016 à 14h30 à Saint-Pierre Quiberon -Centre Cul